» Christian Dior Prêt-à-Porter Automne Hiver 2013-2014

Christian Dior Prêt-à-Porter Automne Hiver 2013-2014

Christian Dior Prêt-à-Porter Automne Hiver 2013-2014

« C’est l’idée même du lien à travers le temps qui compte ici, plus encore que ce qui va en découler. L’important, c’est l’attirance et l’obsession. » Raf Simons

1931. Salvator Dalí devait se rendre au cinéma avec sa femme Gala et des amis. Au dernier moment, une violente migraine le contraint à rester seul chez lui. Son regard se perdit alors dans la contemplation d’un camembert mou qui trainait dans son assiette, le renvoyant aux souvenirs des moments passés avec sa femme.

Il y vit une profonde analogie entre ce camembert et sa propre situation estimant qu’avec le fort caractère qu’elle avait, Gala lui avait forgé comme une carapace protectrice à l’extérieur mais à l’intérieur, il était comme tout mou. C’est à ce moment-là que lui vint l’idée de la Persistance de la mémoire, l’un de ses tableaux les plus connus.

 

 

 

 

 

 

 

Prenant ce tableau comme point de départ de sa réflexion, Raf Simons nous offre un intéressant point de vue sur le rapport au temps et la manière dont la mémoire façonne la nature des créations de la célèbre maison, partant des souvenirs de celles de Christian Dior pour mieux les ancrer dans notre époque.

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi, saison après saison, Raf Simons continue avec ferveur à imprégner l’esthétique Dior de sa grammaire personnelle mêlant passé et présent dans une savante modernité. Pour son second défilé de prêt-à-porter au sein de l’illustre Maison, il choisit de nous montrer comment ses émotions et autres fragments de vie influent sur son processus créatif.

Toujours dans son approche lié au travail sur la mémoire, le créateur a choisi de nous parler des passions qu’il partage avec l’illustre fondateur de la maison de couture pour nous les livrer dans un vestiaire raffiné à l’esthétique presque surréaliste pour l’Automne-Hiver 2013-2014.

 

 

 

 

 

 

 

En pleine symbiose avec le passé de galeriste de Christian Dior, le créateur explore son goût pour l’art dans une intéressante mise en perspective devenant un véritable pont créatif entre le créateur et lui-même. 

Pour l’occasion, la tente dressée à l’Hôtel des Invalides se transforme en œuvre d’art, s’inspirant de l’esthétique de René Magritte, invitant à pénétrer dans un univers au-delà du réel. Les mannequins marchent sur un chemin de nuages sur fond de ciel bleu et zigzaguent entre d’énormes sphères en miroir qui se reflètent comme dans une galerie des glaces.

Conscient de leurs réminiscences communes de différentes périodes de l’histoire, il s’inspire de sa propre obsession pour le modernisme et imagine des silhouettes harmonieuses et pleines d’élégance, dans lesquelles l’essence même de l’artiste explose dans une poésie du vêtement inégalée.

 

 

 

 

 

 

 

Pensée comme un cahier d’inspiration, la collection joue sur les juxtapositions inattendues et les associations libres, livrant dans une esthétique extrêmement sensible une parfaite symbiose entre le style classique de Christian Dior et l’esprit minimaliste de Raf Simons.

 

 

 

 

 

 

 

Robes bustiers et drapés voluptueux enchantent le regard. La jupe cloche taille haute trouve un nouveau souffle dans une soie aux reflets métallisés. Une robe droite typique des années 1920, brodée et appliquée de motifs, nous renvoie ainsi à l’histoire personnelle de Christian Dior.

 

 

 

 

 

 

 

Le tailleur Bar emblématique est brillamment réinterprété en denim de laine soulignant la taille et révélant la finesse des membres grâce de judicieux volumes.

Le pied-de-poule, motif iconique de la maison Dior, se devine sur les bodys et les bustiers, protégé derrière les larges encolures des vestes, des manteaux ou des robes.

L’asymétrie est toujours de rigueur et amène de l’énergie dans des silhouettes changeantes à la fois courtes et longues. Les manteaux sont légion et se font cocon.

 

 

 

 

 

 

 

Une nouvelle sensibilité artistique apparaît au fil des passages à travers un délicat motif de style moderniste, semblant comme dessiné à la main. Robes de cocktail et accessoires se font toiles et accueillent une reproduction des premiers dessins des années 50 d’Andy Warhol que l’on retrouve alors imprimés ou brodés.

Le nouveau sac Bar retrouve une nouvelle impulsion et fait impression brodé d’escarpins d’or signés Andy Warhol.

 

 

 

 

 

 

 

Derrière la rigueur et la précision des coupes, un certain romantisme et une poésie du vêtement naissent derrière un défilé de cuir, de soie et de mousseline comme une signature du style Raf Simons pour Dior.

 

 

 

 

 

 

 

Mis à part un éclat de vermillon, la palette feutrée reste sombre faite de noir, d’anthracite et de bleu marine à peine mâtinée de blanc et de rose pâle. Seules les imprimés ont l’indulgence d’être la touche de couleurs de silhouettes parfaites.

En expliquant la place du souvenir et de la mémoire dans le processus de création, Raf Simons justifie de la plus belle manière son travail au sein d’une maison d’exception. Pour lui, rendre hommage ne suffit pas, sublimer reste la finalité. Partant de leurs passions communes, il choisit de nous montrer comment le style de la maison reste complètement d’actualité, se nourrissant du quotidien et de ses émotions. Le style ne meurt jamais et Raf Simons en est la plus brillante démonstration.

Crédit photo : Giovanni Giannoni with the courtesy of WWD

Marie-Odile Radom

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